MAX BAUDTS
L´HOMME DERRIERE PAC PROJECTS & CONCEPTS

Après une carrière réussie et bien remplie en tant que manager chez Schwarzkopf, Max Baudts a décidé à quarante-trois ans de procéder à un changement radical. Il a abandonné sa fonction de cadre supérieur et a repris PAC, qui s’appelait alors PAC Lecompte. Douze ans plus tard, nous constatons que le manager de PAC Projects & Concepts a fait le bon choix, pour lui-même et pour l´entreprise qui est plus florissante que jamais.

Rien ne laissait supposer que le jeune Max Baudts, aujourd’hui âgé de 55 ans, arriverait un jour dans le secteur de la coiffure. En effet, ce fils d’une dynastie du textile rêvait de devenir dentiste. Pendant la première année, lorsqu’il s’est avéré qu’il n’était pas suffisamment doué avec le fraisage pour continuer, il a choisi l’économie. Après un premier emploi dans le secteur textile, il a atterri chez Schwarz-kopf. Il ne quitterait  plus le secteur de la coiffure. En douze ans, il a gravi les échelons jusqu´à devenir administrateur délégué. Cependant, lorsqu’il n’a plus eu de défi passionnant à relever, il a préféré prendre le risque de l´entrepreneuriat à la sécurité et à la routine d´un emploi bien payé. Il est maintenant à la tête de PAC Projects & Concepts depuis 12 ans, une entreprise qui a connu une forte croissance sous son impulsion positive. Max Baudts n’a pas regretté une seconde son changement radical de carrière, bien au contraire.


Les jobs d’étudiant en tant qu´apprentissage


“Lorsque j’étudiais l’économie, mon rêve était d’avoir un jour ma propre entreprise. J’ai l’entrepreneuriat dans le sang. Pendant plusieurs générations, ma famille a eu une grande entreprise de filage-tissage de laine à Eeklo. Mon père était ingénieur textile et il a repris très jeune l’entreprise familiale car son père est décédé tôt. Lorsque j’étais enfant, 500 personnes travaillaient dans notre entreprise. Mon père a été le premier fabricant de textile de la région à comprendre que le secteur était en déclin. A son quarantième anniversaire, il a arrêté l’entre-prise et a commencé une carrière dans le secteur des assurances. J’avais alors 12 ans et c’est également à cette période que mes parents ont divorcé. Cet épisode ne m’a pas traumatisé. On apprend toujours plus de ses échecs que de ses succès. J’ai toujours eu une attitude positive, je vois le côté positif de toute situation et avec un tel état d’esprit, vous ne pouvez qu’aller de l’avant dans la vie. Nous étions quatre enfants à la maison et nous avons été éduqués de manière très indépendante. Mon père ne voulait pas faire de nous des enfants gâtés. Si nous voulions quelque chose, nous devions travailler pour l’obtenir. Dès mon dix-septième anniversaire, j’ai travaillé dans l’horeca comme job de vacances sur la côte. C’est une expérien-ce que je conseillerais à tout le monde. Vous apprenez alors à travailler et vous rencontrez un nombre incroyable de gens. J’ai aussi assez bien gagné ma vie. J’ai travaillé au “Petit Nice” sur l’Albertstrand à Knokke et les clients faisaient facilement tinter la monnaie. Mais c´était une époque en or. Je recevais régulièrement des pourboires généreux. J’ai constaté que les clients étaient parfois exigeants et j’ai appris ce que signifiait le service.”“Après mes humanités, je suis parti pour l’Université de Leuven, d’abord en tant qu’étudiant en dentisterie mais au bout d’un an, j’ai échangé cette orientation contre les Sciences Economiques Appliquées. La pratique de la dentisterie ne me plaisait pas et je dois aussi avouer que pendant ma première année en kot, je n´étais pas tellement concentré sur mes études. (1) Mon père pouvait encore tolérer que je rate une année mais
au-delà, ça devenait plus grave. J’ai achevé facilement mes études d’économie et j’ai ensuite suivi un Master de Gestion Financière à Vlekho. A Leuven, j’étais en kot avec mon plus grand frère. Nous avions lancé un petit commerce de meubles antiques. Nous placions des annonces dans les journaux locaux et les affaires marchaient bien. Un jour, nous avons été soumis à un contrôle fiscal mais nous avons fait comprendre au contrôleur qu’il s’agissait d´un salaire d´appoint pour payer nos études et il nous a laissés tranquilles. En fait, nous ado-rions vendre.”

 
 

Du textile à la coiffure
 
“En attendant mon service militaire, j’ai travaillé au Ministère de l’Emploi et du Travail juste après mes études. Bien entendu, je savais que ma vocation n’était pas de travailler dans la fonction publique mais bien dans le privé. Lorsque je me suis vu proposer un emploi de directeur commercial dans l’entreprise de textiles d’Alost, Tricotal, je n’ai pas hésité. Les propriétaires n’avaient pas de successeur et j’ai caressé l’idée de reprendre l’entreprise plus tard. A l´époque, elle avait la licence de Fred Perry (2) pour le Benelux et la France. C’était vraiment une entreprise familiale traditionnelle, avec ses côtés positifs et ses côtés négatifs. J’y ai travaillé deux ans en tant que responsable des ventes. J’y ai beaucoup appris et investi beaucoup d´énergie. Au bout de deux ans, la marque Fred Perry a été reprise au niveau international et Tricotal a perdu la licence. Il s’en est suivi un licenciement collectif que j’ai dû mener à bien en tant que médiateur. Je me suis moi-même retrouvé à la rue et j’ai alors ravalé mes ambitions de devenir chef d’entreprise.  J’ai rapidement trouvé du travail chez Schwarzkopf SA (3) où j’ai travaillé pendant 12 ans, tout d’abord en tant que Product Manager dans le département Marketing de la division coiffure, puis en tant que Marketing Manager et ensuite en tant que Division Manager. Pour finir, je suis devenu Administrateur Délégué tant pour la coiffure que pour le département de la vente au détail. Le passage d’une entreprise familiale à une multinationale a été un véritable choc culturel pour moi. La communication est différente, les règles sont différentes mais cela m’a donné un nouveau regard. C’est bien de connaître les deux cultures. Lorsque Schwarzkopf a été repris par Henkel, j’ai conservé ma fonction mais mes tâches ont été peu à peu grignotées. Il y avait encore des défis à relever au sein du groupe à l´étranger mais ça ne me tentait pas. Nous avions notre maison à Meise, ma femme avait son travail d´économiste à Bruxelles, nos trois enfants avaient leurs amis à l´école, un déménagement aurait été trop radical pour ma famille. En effet, j’ai toujours cherché à préserver un équilibre entre ma vie privée et ma vie professionnelle. Oui, je pense que je suis un véritable ‘family man’.”
 
 

1998: le grand changement de carrière
 
Après avoir longuement pesé le pour et le contre, Max Baudts a décidé à 43 ans de franchir le pas de l’entrepreneuriat indépendant. En 1998, il a repris PAC Lecompte, une entreprise familiale fondée en 1936. “Cela peut sembler être une vocation tardive mais je pense que c´était le bon moment pour moi. De plus, cela a eu ses avantages: j’avais acquis beaucoup d’expérience et de connaissances et j’étais plus fort financièrement. Après de longues négociations avec les banques et avec les propriétaires, nous sommes parvenus à un accord. (4) A l’époque, les banques étaient plus souples qu’aujourd’hui. Actuellement, il serait peut-être impossible d’obtenir un financement du même genre. PAC Lecompte était alors un commerce de gros pour le secteur de la coiffure. L’entreprise avait un département produits de soin et un département aménagement de salon. Je ne voyais pas vraiment d’avenir dans le commerce de gros de produits cosmétiques à petite échelle. Celui-ci a été repris par Pro-Duo qui en a faitson premier magasin pilote cash&carry à Deinze. Dès le début, nous avons voulu nous concentrer sur l’aménagement total de salons de coiffure et ensuite, il s’est avéré que nous avions mis dans le mille. En douze ans, notre chiffre d’affaires a plus que triplé et nous avons étendu notre zone de travail à l’étranger. Pour moi, ce n’était pourtant pas évident au début: je connaissais bien le secteur de la coiffure mais ces connaissances étaient limitées aux cosmétiques; l´architecture et l´aménagement étaient nouveaux pour moi. Heureusement, je pouvais compter sur une équipe solide de 12 collaborateurs compétents qui travaillent toujours tous dans l’entreprise actuellement. J’ai beaucoup appris en les écoutant. C’est peut-être l’un de mes points forts en tant que manager: je vois rapidement le positif chez les autres et je peux facilement déléguer. On n’obtient rien en enfonçant les gens ou en les faisant taire.  C’est paralysant. Il s’agit de mettre la bonne personne au bon endroit afin qu’elle puisse s’épanouir dans son travail. Entretemps, notre équipe a doublé en nombre et est constituée non seulement d’un noyau expérimenté qui apporte à l’entreprise la stabilité nécessaire mais également de jeunes. Pour moi, c’est le mélange parfait pour qu’une entreprise soit dynamique tout en ayant une continuité suffisante.”
 

La réussite en Belgique et à l’étranger
 
Au fil des ans, PAC Projects & Concepts a acquis une solide réputation en Belgique et à l’étranger. L’équipe réalise chaque année entre 200 et 250 projets, selon l’envergure de ceux-ci. Les projets à l’étranger représentent actuellement plus d’un tiers du chiffre d’affaires.  Même des salons prestigieux au cœur de Paris savent apprécier le professionnalisme et le savoir-faire de cette entreprise belge. Aujourd’hui, la société a des filiales aux Pays-Bas, en France et au Luxembourg. “Notre mentalité rationnelle belge et surtout, notre professionnalisme et notre orientation client sont extrêmement appréciés à l’étranger. Au fil des ans, le travail de décorateur de salons a beaucoup évolué, passant de la fourniture et de l’installation de meubles de salon à la conception et au développement de concepts globaux. Nous ne sommes pas un fournisseur mais un partenaire qui réfléchit avec le client et anticipe. Chaque réalisation est mise sur pied après un dialogue approfondi avec le client. Je trouve chaque projet passionnant, qu’il soit petit ou grand, c’est toujours une nouvelle histoire. Parfois, des problèmes inattendus surgissent et nous apportent des connaissances et de l’expérience pour la prochaine mission. Nous devons toujours êtes vigilants. Même après toutes ces années, nous ne pouvons pas nous permettre de fonctionner en pilote automatique. Nous essayons toujours de nous mettre à la place du coiffeur et de ses collaborateurs. Un architecte regarde plutôt l´esthétique, nous regardons aussi le routing dans le salon. Si un salon de coiffure est beau mais qu’il n’est pas pratique, ça ne vaut rien. Nous essayons de faire en sorte que nos clients puissent travailler de manière aussi pratique et agréable que possible dans leur salon et que le client s’y sente bien. Les exigences sont de plus en plus strictes: nos clients et le consommateur sont bien informés et attendent beaucoup. Ce qui est bien ne suffit plus: vous devez pouvoir surprendre le client et parfaitement évaluer ses souhaits. C’est un véritable exercice d’équilibriste pour tous que de répondre à toutes les exigences du client. En tant qu’entreprise, vous devez être très flexible et polyvalent. L’énergie que nous mettons dans chaque projet est récompensée par la fidélité des clients et le bouche à oreille. Je ne pense pas que la crise menace le coiffeur. L’esthétique et le bien-être sont toujours dans l’air du temps. Le consommateur ne veut pas abandonner ses moments de confort. Dans ce cadre, l’ambiance et la décoration d’intérieur sont de plus en plus importantes. Un beau salon de coiffure original est une carte de visite rêvée pour le coiffeur qui veut se distinguer. Un nouvel aménagement bien pensé peut véritablement booster les affaires du salon. L’innovation et la créativité représentent l’avenir du coiffeur.
 
 

Un esprit de service de la vie professionnelle à la vie privée
 
Max Baudts a appris très tôt ce qu’est le service. Derrière le manager se cache un homme serviable et engagé. Depuis près de vingt ans, il est membre du Rotary,, un club de services qui soutient des projets sociaux en Belgique et à l’étranger. De plus, il est juge dans des affaires commerciales auprès du tribunal de Commerce de Bruxelles et est président du PHB, le “Partners in the Haircare Business”, qui regroupe 23 fournisseurs belges des coiffeurs.“ Je considère plutôt le Rotary comme un groupe d´amis qui sont sur la même longueur d´ondes malgré des âges et des emplois diffé-rents et qui servent la bonne cause. Il y a davantage de malheurs cachés qu’on ne le pense. En étant confrontés à des personnes qui ont moins de chance que nous, nous apprenons à relativiser. A chaque fois, cela me fait comprendre à quel point nous avons de la chance. Je tire de la satisfaction à pouvoir faire quelque chose pour la société. J’essaie également de le faire avec notre entreprise. J’ai lu récemment un article sur la Mimi Foundation, une fondation qui propose des thérapies de bien-être à ses patients atteints du cancer. J’ai contacté la fondation. Ainsi, PAC Projects & Concepts a offert les meubles de l’espace bien-être d’un hôpital bruxellois.” 
 
Le père derrière le manager
 
Lorsque nous demandons à Max quels sont les événements les plus importants de sa vie, il répond spontanément la naissance de ses trois fils. “J’adore la paternité. Lorsqu’ils étaient petits, c’était surtout ma femme Marina qui s’occupait d’eux, bien qu’elle ait toujours exercé une activité importante à temps plein. Ces dernières années, je me suis de plus en plus occupé de mes fils. Nous partageons les mêmes hobbies comme restaurer des voitures anciennes ou voyager dans des pays lointains. Tous les deux ans, nous faisons un grand voyage avec toute la famille. Ainsi, nous avons déjà été à Cuba et en Chine. Etant donné mes nombreuses activités, j’ai peu de temps libre. Je le consacre surtout à ma famille et à mes hobbies. J´ai plus de centres d´intérêt que de temps. Je joue au golf de temps en temps, une activité de détente pure  et je regarde un film de temps en temps. J’aime l’oeuvre d’Almodovar, NULL, Kubrick, Tarantino et Ethan ainsi que Joel Coen. . Si je pense à m’arrêter ou à transmettre le flambeau? Pas dans l’immédiat. Mon fils aîné, Geoffrey, a étudié les sciences commerciales et travaille chez Deloitte, Maxime a un bachelor d´entreprise internationale et Gauthier étudie le droit. Ils ont un certain intérêt pour l´entreprise mais je veux qu´ils acquièrent d´abord de l´expérience ailleurs. Et s’ils choisissent l’entreprise de leur père, ils devront le faire pour de bonnes raisons. Transmettre une affaire à ses enfants, ce n’est pas la chose la plus facile qui soit mais lorsque vous avez mis tout votre cœur et toute votre âme dans une entreprise pendant des années, vous êtes content de savoir que vos enfants marcheront sur vos traces. Cependant, je ne les pousserai jamais dans cette direction. Nous verrons bien. Avant d’en arriver là, j’ai encore de nombreuses années devant moi.

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